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Projet Dispensaire
Village d’IMSKER – MAROC
Ouverture du Dispensaire : Mars 2009
Rapport Août 2008
Depuis mai 2007, l’association de développement d’Imsker, village de montagne marocain et l’association Soif de Culture ont mutualisé leurs moyens techniques et financiers afin d’implanter un dispensaire au bénéfice des 10 villages environnants. Un objectif commun les unit : proposer une offre de soins plus proche et plus efficace aux 1800 habitants de cette vallée du Haut Atlas
La présence permanente d’un professionnel de la santé marocain et l’appui régulier d’équipes médicales bénévoles ont été identifiés comme le moyen de proposer des consultations.
Nous pouvons déjà remercier les efforts et contributions financières de partenaires associés à l’Association Soif de Culture et au projet: La Province El HAOUZ, La Délégation provinciale de la SANTE, La Commune rurale ASNI, L’Association IMSKER ; ainsi qu’IMAGORA grâce à qui la construction est aujourd’hui en cours. Nous pouvons aussi remercier les artistes ayant donné des tableaux, dans le cadre de la vente au profit du dispensaire prévue en Novembre 2008.
I – Présentation de l’Environnement
1- Contexte, Enclavement et Développement
Le village d’IMSKER est situé au cœur d’une région montagneuse du Haut Atlas marocain, à 70 km de Marrakech. A 1800 m d’altitude, la vallée qui l’accueille est enclavée entre le massif de l’Oumkaîdem et le Toubkal.
La population est pénalisée par les aléas climatiques et géographiques. En effet, l’aridité des sols, la difficulté de cultiver des denrées commercialisables ainsi qu’un hiver long et difficile contribuent activement au faible développement économique. Une amélioration est aujourd’hui notable, du fait de la récente adjonction d’eau et de l’accès à l’électricité pour quelques villages.
Enfin, les échanges entre villages sont nombreux, malgré des connexions terrestres, qui s’effectuent par le biais de pistes et de chemins muletiers s’étageant de 1500 à 2800 m d’altitude. Ils restent toutefois ralentis pendant la période hivernale par la neige qui peut tomber en abondance.
2- Les interlocuteurs et d’acteurs du développement
Les acteurs intervenants dans le développement sanitaire de la région sont en nombre très limité. Ainsi pendant 9 ans, seule une équipe de 15 médecins généralistes et spécialistes s’est déplacée dans cette partie de l’Atlas. Sur l’initiative du Dr Aboufirass, membre fondateur de l’ONG Marrakech 21, des consultations au bénéfice des populations locales ont été initiées, des médicaments distribués et les cas les plus graves redirigés vers les centres hospitaliers les plus proches. Ces 15 médecins se sont déplacés 48 fois et ont procédé, au total, à 3267 consultations (sans toutefois parvenir à visiter IMSKER).
Cette région demeure aujourd’hui précarisée en offre de santé. L’enclavement, l’état des routes et des moyens de communication en général limités n’encouragent pas le déplacement de médecins. De plus, la pauvreté et le recours à une médecine traditionnelle de proximité moins coûteuse au premier abord, n’incitent pas la population à effectuer des déplacements lointains pour accéder aux soins.
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1- Besoins sanitaires et sociaux
Le contexte local fait apparaître les problèmes récurrents en milieu rural tels que la cataracte, le goitre (25% de la population en souffre alors que la simple consommation d’iode peu pallier ce problème), les pathologies digestives liées principalement à une hygiène alimentaire défectueuse (20% des personnes consultées par Marrakech 21), les personnes atteintes d’affections génitales sexuellement transmissibles (5% des femmes en milieu rurale).
Le suivi des maternités est aujourd’hui minimal, voire inexistant et mérite une attention particulière. Pour la plupart, les femmes accouchent dans leur village sans aucune assistance médicale. Une surveillance des grossesses est indispensable ainsi qu’un accompagnement des jeunes mères et des bébés (taux de mortalité infantile national : 38,85 ‰ en 2007).
Les campagnes de vaccinations pourtant bien menées par le ministère de la santé atteignent difficilement ces régions. Il est donc important pour les populations des régions les plus enclavées de bénéficier d’informations sur l’utilité de certaines vaccinations.
La prévention des maladies graves ou contagieuses les plus fréquentes devra être rendue systématique afin d’éviter leur développement ou leur transmission. Aussi, des soins doivent être dispensés à coûts réduits sur place ou dans des structures adaptées et peu éloignées pour éviter la rupture dans la prise des traitements.
2- Besoins en termes d’infrastructures médicales
La création d’un dispensaire à IMSKER permettra d’éviter plusieurs heures de marche aux habitants des villages concernés. Son rayon d’intervention sera étendu aux villages environnants de : Arg, Tinsghar, Tidili, Gliz, Ighrame, Tissili, Arigh, Tirfirt, Amssakine, Ikiss
L’existence d’une structure relais et un accès permanent à une information
fiable délivrée par des professionnels de la santé permettront d’accueillir les initiatives du gouvernement marocain (campagnes de vaccination) ou d’ONG locales et internationales.
III – Méthodologie d’Intervention
1- Intervention sanitaire
Les Objectifs
1+> Pallier les urgences sanitaires
2+> Pallier au manque d’infrastructures médicales
3+> Proposer une offre de soins régulière dans le temps
4+> Informer les populations locales
5+> Servir de relais aux initiatives locales
Les Moyens
1+> Mettre à disposition du personnel de santé et assurer des consultations médicales
2+> Construire un dispensaire et assurer son fonctionnement dans la durée
2+> Former et rémunérer les personnels.
3+> Recueillir et dispenser de l’information médicale
4+> Etablir des partenariats avec le gouvernement et les ONG
Les Résultats
1+> Les indicateurs de santé de base s’améliorent (taux de mortalité infantile, taux de vaccinations, etc.)
2+> La construction du dispensaire est achevée et des financements sont trouvés pour assurer son fonctionnement
3+> Des financements sont trouvés pour former et rémunérer le personnel
4+> Le dispensaire est considéré comme un partenaire par le gouvernement et les ONG qui interviennent régulièrement pour sensibiliser la population
2- Organisation
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3- Chronologie d’intervention
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IV – Cadrage Humain, Technique et Financier
1- Les moyens humains
Une coordination du projet sera tout particulièrement assurée par les Présidents et les bénévoles des associations Soif de Culture et IMSKER. Des compétences partagées au sein de chaque association étant à l’origine du Projet. L’objectif principal de la coordination repose sur un transfert de compétences médicales et de connaissances des pratiques culturelles dans l’optique de parvenir à l’autonomie opérationnelle du dispensaire et de la gestion de son personnel.
Le personnel de santé du dispensaire sera dans un premier temps sélectionné et recruté par les associations porteuses du projet, l’étude préalable proposant le recrutement d’un infirmier salarié à temps plein qui disposera d’un logement au sein du dispensaire. Il pourra éventuellement être accompagné d’un assistant si l’affluence le justifie. Des médecins du dispensaire d’Asni devraient se déplacer deux fois par mois afin d’assurer des consultations.
Des appuis réguliers de professionnels bénévoles devront découlés d’une coopération nationale et internationale. Ils seront développés et encouragés dans l’optique d’un échange de compétences et de formation continue.
2- Les moyens techniques
Des déplacements réguliers dans les villages environnants nécessitent un véhicule à disposition de l’infirmier salarié. Il pourra ainsi en disposer pour répondre aux urgences et assurer le
réapprovisionnement du dispensaire en matériels et médicaments divers. Le véhicule pourra ainsi permettre, en cas d’urgence, les transports vers
l’hôpital de Marrakech.
La constitution d’une pharmacie contenant les produits de base ainsi que son réassortiment régulier en fonction des besoins devrait permettre de dispenser les premiers soins et d’assurer le suivi des traitements décidés par le médecin référent.
La présence d’équipements et le respect des normes sanitaires feront l’objet d’une coopération avec le Ministère de la Santé de la province d’Al Haouz. Le Ministère contrôlera la mise en place du matériel et les conditions de travail au sein du dispensaire.
3- Les moyens financiers
1- Budget global dispensaire
Le financement du fonctionnement du dispensaire dès son ouverture est d’ores et déjà une préoccupation de tous
les membre de l’association Soif de Culture et des villages entourant Imsker. Des conventions de mécénat avec des acteurs locaux, ainsi que des recherches auprès de fondations privées, devront
très certainement être complétées par des apports réguliers de particuliers sensibilisés au projet.
V – Les partenariats : la clé de la pérennité
Les partenariats qui seront passés dans le cadre de ce projet tiennent une part essentielle dans la réussite des objectifs fixés. A l’issue de la création du dispensaire, ils devront être pérennisés afin d’assurer le fonctionnement.
Une stratégie partenariale efficace doit mettre les acteurs locaux en avant, ainsi que leur capacité d’organisation et de mobilisation. Une bonne connaissance des possibilités offertes par les structures (le réseau sanitaire et administratif et ex : la Délégation Provinciale de la Santé) permettra de faciliter l’utilisation des moyens humains et techniques et financiers.
Enfin, la création d’un dispensaire doit s’inscrire dans une réflexion sur le long terme, et c’est l’idée de sa pérennité qui devra être retenue comme ligne directrice des différents accords passés dans le cadre du projet. On tendra notamment à rechercher le fonctionnement autonome et pérenne. Des études concernant le degré d’appropriation du projet par les associations et populations des villages environnants devront aussi être menées, dans un souci permanent d’innovation.
L’ensemble des membres des associations marocaines et françaises se réjouissent aujourd’hui de constater que ce qui n’était en 2007 qu’une idée, prend aujourd’hui forme jour après jour. Tous sont dans le même temps conscients de la nécessité d’une réflexion permanente, seule gage de la pérennité d’une offre de soins durable dans un contexte difficile. La cohésion et la ténacité de tous sont aujourd’hui démontrées, de même que la volonté de travailler toujours plus loin dans l’échange de compétences et d’expériences. Ainsi, les participations futures feront la réussite et la richesse de ce projet.